Ma thèse en 180 secondes

 

Dans le cadre de la 3ème édition du concours « Ma thèse en 180 secondes », Alliam a accompagné les candidates (oui, il n’y avait que des filles !) des universités Paris Ouest Nanterre et Paris 8Une expérience inédite et constructive, que nous relatons ici…

L’exercice des contrastes

Le simple fait de s’inscrire au concours constitue, en soi, un défi. Et ce, pour 3 raisons :

– le format court de l’exposé contraste avec la longueur de la thèse, qui s’étend sur 3, 4 voire 5 années. Comment condenser son discours pour dire l’essentiel tout en étant percutant ?

– l’exigence de vulgarisation nécessite pour le chercheur d’aborder autrement la complexité de sa thèse. Que dire pour qu’un public profane comprenne l’objet des recherches et l’intérêt du sujet ?

– les contraintes de présentation constituent une difficulté supplémentaire : chaque candidat n’a droit qu’à une seule diapositive non animée alors qu’évidemment, il a en tête une foule d’images ou de schémas à partager. Que faut-il montrer, en quoi l’image projetée enrichit-elle le discours et facilite-t-elle la compréhension des idées présentées ?

Une fois ces aspects évoqués, place à la question cruciale : sur quoi les candidats sont-ils jugés ?

3 critères de notation 

Vulgarisation :  sortir le chercheur de sa bulle, tel est bien l’objectif premier de ce concours, qui vise à rendre accessible au plus grand nombre les travaux scientifiques en cours. La capacité à simplifier son discours (sans contresens scientifique), à créer du lien avec le public, à utiliser les métaphores ou à s’appuyer sur l’humour sont autant de leviers que les candidats ont intérêt à exploiter.

Communication orale : le discours peut être remarquablement conçu… mais s’il n’est pas incarné par un orateur convaincu, il n’embrasera pas les foules ! Un travail spécifique doit être réalisé sur la présence, la voix, la maîtrise de l’espace ou encore le langage corporel. Le candidat idéal est donc aussi celui qui sait mettre la forme au service du fond.

Implication : créer du lien entre son sujet de recherche et soi-même, tel est l’objectif de ce dernier critère, qui incite à revenir aux sources de sa motivation première. Pourquoi ce sujet anime-t-il tant le candidat ? Et pourquoi devrions-nous tous nous sentir concernés ? Les participants sont ainsi notés sur leur capacité à transmettre leur passion et à susciter la curiosité du public.

Un accompagnement en 2 temps

ma thèse 180 secondesAfin d’accompagner les doctorantes tant sur le contenu de leur prestation que sur leur capacité à partager ce contenu, la formation s’est décomposée en 2 phases :

– une première phase sur la construction du discours 

– une deuxième phase sur les techniques d’art oratoire

La construction du scenario de communication nécessitait d’abord de se poser les bonnes questions : quel est mon objectif, quels sont les points cruciaux de ma recherche, à qui je m’adresse… ?

Réfléchir visuellement

Pour faciliter cette séquence, Eric Simon et Jeanne Dobriansky ont proposé une approche visuelle du traitement de l’information : l’essentiel du travail s’est déroulé debout, devant des feuilles blanches effaçables qui ne demandaient qu’à être complétées avec de la matière apportée au fur et à mesure (post-it, mots clés, idées…) ou gribouillées avec des schémas, croquis ou cartographie d’informations. Les panneaux se sont enrichis au fil de la journée, par les doctorantes elles-mêmes ou par les formateurs qui soutenaient les échanges par des captures visuelles en temps réel. Une fois ce travail réalisé, une première mouture de l’intervention pouvait se dessiner, avec pour contrainte principale la nécessité d’alterner entre des informations très accessibles et d’autres plus complexes. Autre variable à prendre en compte : la capacité à emmener son auditoire quelque part, de façon à ce qu’entre l’introduction et la conclusion, une vraie progression soit identifiée. La clé pour y parvenir ? S’inspirer des modèles narratifs propres aux histoires et des états de tension / résolution observés dans les récits (ce fameux « storytelling » !).

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Une fois le scénario globalement identifié, vient le temps de se l’approprier, avec l’aide de la comédienne et coach Mélissa Rayé. Dans une dynamique collective porteuse, chacune a pu travailler de façon personnalisée son ancrage au sol, sa présence, sa voix, sa diction ou encore sa maîtrise de l’espace. Enfin, la capacité à respirer, à gérer son stress et son temps ont également été abordés.

 accompagnement ma thèse 180 secondes doctorantes-ma thèse 180 secondes

 2 gagnantes le 14 avril !

Lors de la finale Paris Lumières, 2 doctorantes ont été récompensées. Viviane Griveau-Genest (Paris Ouest Nanterre) a remporté le prix Comue et sorti Jean Gerson de l’ombre, avec son sujet  « Le trouble dans l’écriture de Jean Gerson : étude des matrices et des dynamiques de l’écriture dans les sermons latins et français ». Ce prix lui permettra d’aller défendre sa place à Nancy lors de la finale nationale qui aura lieu le 3 juin prochain. Quant à Aurélia Nana Gassa Gonga (Paris 8), elle s’est vue remettre le « Prix du Jury », un prix « coup de coeur » qui récompense le dynamisme de sa prestation ainsi que son engagement entier pour la défense de la langue des signes.

Pour visionner les prestations des lauréates, cliquez sur les images.

Viviane Griveau-Genest, finaliste du regroupement Paris Lumières

Aurélia Nana Gassa Gonga

Aurélia Nana Gassa Gonga, Prix du Jury

Le résumé vidéo de la finale en… 180 secondes !

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